« Connaître sert beaucoup pour inventer. » (Mme de Staël)

Microcosme et macrocosme

Hermès Trismégiste

   La Table d’émeraude d’Hermès Trismégique est l’un des textes majeurs de la littérature alchimique et hermétique. Il est composé d'une douzaine de formules allégoriques, dont la fameuse correspondance entre le macrocosme et le microcosme : « Ce qui est en bas est comme ce qui est en haut, et ce qui est en haut est comme ce qui est en bas ».

   Platon dit à peu près la même chose : « Les choses basses doivent se retrouver dans les choses hautes, quoique dans un autre état. » 

   Plotin, platonicien, tenta de définir l’astrologie (Les Ennéades). II parle des rapports naturels et surnaturels de l’homme avec le cosmos et de toutes les parties de l‘univers entre elles : « ... Sans être en contact, les choses agissent et elles ont nécessairement une action à distance... Le monde est un animal unique, c’est pourquoi il faut de toute nécessité qu’il soit en sympathie avec lui-même ; il n‘y a pas de hasard dans sa vie, mais une harmonie et un ordre unique.... Les événements d’ici-bas ont lieu en sympathie avec les choses célestes. » 

   « O Dieu je voudrais être contenu tout entier dans une coquille de noisette et cependant rayonner sur les espaces infinis ! » écrit Shakespeare dans Hamlet).

   William Blake voit l’univers tout entier contenu dans un grain de sable : c’est l’idée de la réversibilité de l’infiniment petit et de l’infiniment grand et de l’unité de l’univers dans toutes ses parties.

    Le personnage mythique a donné lieu à quelques variations littéraires.

   Charles Baudelaire applique à Satan, assimilé à Hermès, l'épithète « trismégiste » (« trois fois très grand » en grec) dans "Au lecteur", le poème prologue des Fleurs du Mal :

« Sur l'oreiller du mal c'est Satan Trismégiste

Qui berce longuement notre esprit enchanté,

Et le riche métal de notre volonté

Est tout vaporisé par ce savant chimiste. »

   De la même façon, Guillaume Apollinaire, faisant écho au texte de Baudelaire, évoque la métamorphose du poète en un « arlequin trismégiste » dans le poème « Crépuscule » (dans Alcools) :

« L'aveugle berce un bel enfant

La biche passe avec ses faons

Le nain regarde d'un air triste

Grandir l'arlequin trismégiste. »

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Date de dernière mise à jour : 16/03/2024